Anocr 73

Allocution de clôture de l'AG de Paris 2011 PDF Imprimer
  
Mercredi, 13 Avril 2011 00:00

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE PARIS 2011

Allocution de clôture

du Vice-Amiral (2S) Michel OLHAGARAY Président de l’ANOCR

Mon général représentant le ministre de la défense, le chef d’état-major des armées et le chef d’état-major de l’armée de terre,

Messieurs les députés membres de la commission de la défense,

Monsieur l’amiral représentant le directeur des relations humaines de la défense,

Messieurs les officiers supérieurs représentant les chefs d’état-major de la

marine, de l’armée de l’air et de la gendarmerie ainsi que le directeur du service de santé des armées, et le directeur de la direction générale de l’armement

Messieurs les présidents d’honneur.

Mesdames et messieurs les présidentes et présidents de confédérations et d’associations, mesdames messieurs, mes chers camarades.

Tous les membres de l’Association Nationale des Officiers de Carrière en Retraite sont honorés de votre présence parmi nous à l’assemblée générale du centenaire de notre association.

Votre présence témoigne à la fois de l’intérêt que vous portez à notre association et des liens d’amitié qui se sont tissés tout au long d’une route commune et fructueuse consacrée au bien de nos adhérents, à l’aide apportée à celles et ceux de nos camarades qui sont dans le besoin, au soutien jamais démenti à nos armées, au devoir de mémoire et à la nécessaire lutte pour que vive l’esprit de défense et que soit reconnue la place de nos anciens dans la Nation.

Fêter le centenaire d’une association n’est pas chose courante, vous en conviendrez aisément mais dans les buts que nous poursuivons, il ne peut y avoir que peu de place consacrée à l’autosatisfaction et à l’autocélébration et cela est bien normal.

Je dirai donc simplement que cela consacre une pérennité de 100 ans bien sûr, justifiant ainsi, si besoin était, l’action résolue de nos aînés fondateurs comme le commandant Breynat mais aussi de tous ceux qui ont poursuivi son œuvre tant à la tête de l’ANOCR qu’en son sein profond et actif.

Que tous ces anciens valeureux dans leur discrétion même soient ici remerciés

ÉTAT DES LIEUX

Mais où en est l’ANOCR aujourd’hui ?

Forte de 10 400 adhérents et adhérentes, répartis dans 55 groupements, notre association, désormais centenaire, connaît comme toutes les associations semblables et pour des raisons bien connues une lente érosion de ses effectifs, qui semblent cependant en voie de stabilisation.

Nous comptons aussi dans nos rangs 28 % de veuves, qui font preuve d’une fidélité, d’une capacité de solidarité et d’enthousiasme très exceptionnelles. Je veux le souligner ici.

Mais nous ne nous résignons pas à voir fondre nos effectifs et allons entamer une action vigoureuse pour inverser cette tendance.

Sans vous infliger des tableaux de chiffres rébarbatifs, je puis vous assurer que nos finances se portent bien.

Je vous parlerai tout d’abord de notre action sociale, qui est au cœur de notre action de tous les jours

Le poste allocations d'entraide répond à la vocation sociale de l'A.N.O.C.R. et constitue l’une des justifications de la reconnaissance d'utilité publique accordée par les pouvoirs publics. Les secours dispensés par le siège s’élèvent à 47.826 €. Ils sont en diminution sensible par rapport à 2009 et inférieures au budget prévisionnel.

Ils se répartissent entre les versements aux organismes d’entraide, dont je vois des représentants parmi nous, et les secours individuels.

Il faut ajouter à ces secours financiers, l'aide morale et matérielle apportée dans les groupements, sous l'impulsion de leurs présidents, par nos camarades et leurs épouses, aux membres de l'A.N.O.C.R. en difficulté en raison de leur grand âge, de leur isolement ou de la modestie de leurs ressources face à des dépenses imprévues.

Si l'aide morale ne peut être chiffrée, l'aide financière à nos adhérents en difficulté d’après les renseignements fournis par les groupements, s’élève à 22 150 €, soit une aide globale du siège et des groupements de près de 70 000 €.

LE COMPTE DE RÉSULTAT.

Il a vocation à être structurellement négatif car nos produits n’équilibrent pas nos charges ou alors c’est notre budget d’action sociale qui en pâtirait. Mais, comme vous allez le voir plus loin, des éléments exceptionnels répétés et une sage gestion nous permettent de perpétuer ce mode de fonctionnement.

Le total des produits s'élève 187.354 € contre 196.073 € en 2009, et celui des charges à 260.006 € contre 258.760 € en 2009. Le déficit de l'exercice, qui était de 62 687 € en 2009, est de 72 651 €. Le budget prévisionnel avait anticipé un résultat plus défavorable avec un déficit de 78 950 €.

Les cotisations des adhérents constituent, à l'exclusion de toute subvention, 47,5 % de l’ensemble des ressources de l'A.N.O.C.R. (association, bulletin, et aide sociale).

Leur montant de 88.947 € est légèrement inférieur à celui de l’exercice 2009 (89.549 €) et bien inférieur au budget prévisionnel (92.000 €) qui tenait compte de la hausse des cotisations adoptée en 2009 mais qui ne compense pas en fait la diminution du nombre des adhérents.

LE BULLETIN TRIMESTRIEL

La baisse des abonnements est de 14 % pour le siège et de 5 % pour les groupements. Le résultat est cependant encore positif : 5970 € mais a diminué de 43 % par rapport à 2009.

En raison des résultats positifs du bulletin, la précédente assemblée générale n’avait pas modifié le tarif des abonnements pour 2011.



LE RÉSULTAT.

Le résultat négatif de 72.651 €, est le cumul des déficits de l’association (20.512 €) et des actions sociales (58.109 €), et du bénéfice du bulletin (5.970 €).

LE BILAN

Le bilan est la situation patrimoniale de l’ANOCR au 31 décembre 2010. Il est arrêté au montant de 2.424.764 €, en augmentation de 16,34 % par rapport au 31 décembre 2009. Cette augmentation est la conséquence de la perception d’un contrat d’assurance-vie de Madame Cantillon de Tramont, décédée l’an dernier et qui a institué l’ANOCR comme légataire universelle.

Une remarque importante :

Le montant du bilan va s’accroître fortement en 2011 par la perception en cours de l’essentiel du legs de Madame Cantillon de Tramont, soit environ 1.100.000 €. Ce legs, dont le colonel Mercier est l’exécuteur testamentaire, supérieur à 1.500.000 € avec le montant perçu en 2010, est le plus important jamais perçu par l’ANOCR.

Voilà pour les quelques éléments chiffrés extraits du rapport financier très détaillé qui a été adopté ce matin par notre assemblée générale

Mais ce que nous souhaitons surtout c’est profiter de cette grande occasion pour opérer un retour sur nous-même, revisiter nos fondamentaux, comme on le dit en pays de rugby, redéfinir nos priorités ainsi que les voies et les moyens pour y parvenir.

C’est cela que je vais explorer avec vous aujourd’hui.

LES FONDAMENTAUX

À l’examen, les objectifs exprimés dans nos statuts sont plus que jamais pertinents

Le développement des liens de solidarité et des relations amicales entre ses membres est toujours au centre de nos préoccupations et de notre réussite.

Ils s’expriment tout particulièrement dans notre action sociale et aussi par les gestes quotidiens envers les plus seuls, les plus démunis et ceux qui sont frappés par le malheur. C’est grâce à cette action quotidienne désintéressée que nous sont aussi donnés les moyens de notre action. C’est ainsi que nous avons bénéficié, au fil du temps, de legs extrêmement importants sans avoir à en rechercher la multiplication mais simplement parce que des personnalités généreuses ont estimé que nous étions dignes de leurs libéralités. Au-delà des sommes en jeu c‘est cette confiance qui doit nous rendre toujours plus responsables, attentifs aux autres et efficaces dans l’action.

 

La défense et l’amélioration de la condition morale et matérielle de nos membres est, elle extrêmement dépendante de l’environnement politique économique et géostratégique de la Nation donc de ses priorités, de ses choix, mais aussi et surtout de la façon dont ceux-ci s’exercent.

Dans ce domaine l’ANOCR a toujours été vigilante et les dossiers sont nombreux, nourris depuis longtemps et ont donné lieux à des interventions suivies bien que discrètes.

Mais il vient un temps où la situation impose des inflexions dans les moyens mis en œuvre. Depuis quelque temps déjà nous avons noté et dénoncé les méthodes employées pour faire évoluer les conditions matérielles des retraités militaires. En effet, la société évolue, les méthodes de préparation des décisions le font aussi dans le domaine civil mais pas du tout chez nous et cela n’est tout simplement plus supportable.

Ce sera notre premier combat.

Contribuer au développement de l’esprit de défense de la Nation est très certainement l’un de nos combats les plus difficiles mais aussi sûrement l’un des plus indispensable.

Difficile car nous sommes immergés dans une société qui, à bien des égards, est en évolution très forte, très rapide, parfois même convulsive et que les moyens habituels d’y faire face ne sont tout simplement plus pertinents.

Mais nous sommes porteurs de responsabilités particulières dans ce domaine par notre expérience, par le sacrifice de nos aînés par une sensibilité qui nous est propre et qui doit être prise en compte car elle est tout aussi respectable que bien d’autres. Alors il nous faut prendre place dans ce débat, réfléchir mais aussi proposer, mais aussi nous proposer pour que ces évolutions sous fortes contraintes se fassent avec nous dans l’action.

Ce sera notre second combat.

NOS POLITIQUES

Pour affronter ces défis, et au-delà des politiques traditionnelles menées avec efficacité par notre association, nous avons décidé de mettre aussi en œuvre une série de politiques nouvelles.

Tout d’abord une politique ciblée vers les armées : une action systématique a donc été entreprise par des visites aux différents chefs d’état-major.

Elles visent à conforter les relations de confiance, à mettre en place des actions de soutien à l’armée d’active, à coordonner nos actions sans dépendance ni subordination dans le respect de notre liberté et de l’action de chaque armée. Elles visent aussi à accentuer notre recrutement parisien afin d’améliorer notre capacité centrale de réflexion et d’action.

Cette campagne est en cours, elle est assez avancée avec l’armée de terre avec laquelle nous étudions la mise en place d’une convention de suivi des familles de militaires blessés ou disparus en service avec l’aide et le soutien essentiels de Terre Fraternité.

Ensuite, une politique ciblée envers les diverses associations du monde militaire. Nous avons en effet estimé que nos caractéristiques particulières nous conféraient une très grande indépendance, car indépendants nous le sommes politiquement et financièrement ce qui, joint à notre position de retraités ou de (2s), nous donne une liberté de parole et donc d’action que beaucoup n’ont pas. Nous nous rapprochons donc des associations qui jouissent de la même liberté d’action que nous, principalement des associations de sous-officiers. Nous nous efforçons d’établir ensemble un climat de confiance propre à rendre plus efficace toute action menée en commun si la conjoncture nous y poussait et je tiens à les remercier ici de leur accueil bienveillant .

Nous agissons de même, également bien sûr, avec les autres associations d’officiers, dont nous avons toujours été très proches, afin de bénéficier de leur capacité de réflexion et de leur puissance associative; en échange ils pourraient bénéficier de notre « parole publique » franche, librement exprimée et tournée vers l’action. Les premiers contacts me donnent à penser que nous pourrions convenir qu’il y a là une grande complémentarité.

Dans un domaine particulier, nous allons également entreprendre une action un peu nouvelle, puisqu’il a été décidé de prendre contact avec le ministère de l’intérieur afin de prendre en compte les intérêts de nos camarades gendarmes qui sont nombreux et inquiets au sein de notre association.

Dans le cadre d’une politique toujours davantage tournée vers l’avenir nous octroyons désormais un certain nombre de bourses à des jeunes gens nécessiteux par l’entremise de l’ADO qui fait un remarquable travail dans ce domaine.

Enfin, grâce aux legs qui nous ont été consentis et pour honorer la mémoire des généreux donateurs nous étudions les meilleures façons d’apporter notre contribution à la lutte contre la dépendance par des « investissements sociaux » choisis et contrôlés.

 

NOS COMBATS

Ces temps derniers, à l’occasion de certain vote à caractère budgétaire, il est apparu combien la communauté militaire et celle des retraités militaires en particulier était traitée avec désinvolture.

Concernant cet « aléa » budgétaire, alerté par un de nos membres éminents, j’ai pu m’en entretenir avec une grande franchise et très rapidement avec quelques hautes autorités de la défense. Un certain recul a été ensuite enregistré dans la position du gouvernement. Sans vouloir à tout prix nous en attribuer un quelconque mérite, il m’est apparu qu’une action forte et déterminée pouvait rencontrer une certaine efficacité.

Mais ce fut surtout l’occasion de dire que, désormais, nous ferons davantage entendre notre voix.

À l’occasion de l’audition des associations de retraités militaires par la commission de la défense de l’assemblée nationale, que je tiens à remercier ici publiquement, j’ai eu l’occasion de mettre en œuvre ce principe nouveau pour nous.

J’ai, à cette occasion, demandé deux choses, et ce seront les deux combats que j’ai mentionnés plus haut:

- que devant la lente déliquescence de l’esprit de défense soit mise en place une vraie politique globale propre à le régénérer et à contribuer à un sursaut de la volonté nationale,

- que désormais les associations de militaires retraités comme l’ANOCR soient considérés comme de vrais « partenaires de la défense » comme il existe des partenaires sociaux et qu‘elles soient étroitement associées à des négociations préparatoires aux prises de décisions concernant la condition militaire et tout particulièrement celle des retraités .

Toute notre action future s’articulera sur ces deux exigences, dans un message clair et obstiné.

Mon général, mesdames et messieurs les élus, mesdames et messieurs les présidentes et présidents d’associations et de confédérations, mesdames et messieurs, je vous remercie d’avoir eu la patience de m’écouter.

Je vous redis notre volonté d’agir à vos côtés, sans revendiquer un rôle privilégié mais avec le sentiment que, unis pour des combats justes et animés par une ambition haute, il sera possible de tenir notre rang pour la défense de nos valeurs, de nos armées et de notre pays.

MERCI DE VOTRE ATTENTION

Vice-Amiral (2S) Michel OLHAGARAY Président de l’ANOCR

 

Mis à jour ( Jeudi, 26 Mai 2011 12:03 )