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Revue de presse semaine 01 Imprimer Envoyer

Revue de Presse de la semaine : 01

 

Sommaire

01 01 12 - ARCHAÏSME

1 01 12 - Une réforme impopulaire

03 01 12 - François Bellanger : « Les retraités n’ont pas à s’inquiéter de la TVA sociale »

 

 

 

 

 

01 01 12 - ARCHAÏSME

 

- Jacques Bichot - Économiste  Liaisons Sociales Magazine du 01/01/2012

 Concernant les retraites, candidats et partis politiques n’ont donné que des indications succinctes sur leurs intentions. François Hollande et le PS cherchent à s’affirmer pour la retraite à 60 ans tout en conservant une partie de la réforme 2010, financièrement impossible à gommer. Mais, s’ils arrivent au pouvoir, il leur faudra découvrir de nouvelles sources d’économies. L’UMP revendique ce qu’elle a fait plus qu’elle n’annonce ce qu’elle fera ; certains de ses membres ne seraient pas hostiles à une réforme systémique, mais le locataire de l’Élysée ne raffole guère des réformes qui demandent réflexion et préparation. Les Verts et le Parti de gauche croient au Père Noël, seul capable de restaurer intégralement la retraite à 60 ans. C’est au MoDem et au FN que l’on trouve un peu d’audace : unifier ou au moins harmoniser les divers régimes. Ce qui aurait dû être fait depuis longtemps, puisque la loi de 1974 prévoyait ce chantier. Compte tenu du conservatisme qui prévaut en matière de retraites, en revenir aux idées que le législateur avait il y a trente-huit ans est déjà un prodige de modernisme !

 

 

 

 

 

01 01 12 - Une réforme impopulaire

(Liaisons Sociales Magazine du 01/01/2012)  Auteur(s) : Laure Dumont

 

Repousser l’âge légal de départ à la retraite tout en allongeant la durée de cotisation a été vécu comme socialement injuste.

Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer. » Cette phrase issue d’un entretien au Monde paru en janvier 2007 est signée du candidat Nicolas Sarkozy. Qui tempérait toutefois : « Si cela vous intéresse de travailler jusqu’à 70 ans et de partir ensuite en vacances plutôt qu’acheter un appartement pour vos petits-enfants, c’est votre droit. Mais, en travaillant davantage, vous contribuez à résoudre le problème de l’équilibre des retraites. […] Le cap, c’est la liberté. » Un long chemin a été parcouru depuis la première déclaration, à présent tombée aux oubliettes.

 

Bien loin de camper sur les 60 ans, la réforme Woerth, votée le 9 novem­bre 2010, repousse toutes les bornes d’âge en commençant par reporter progressivement l’âge légal de départ à 62 ans. L’accès à la retraite à taux plein est pour sa part décalé de 65 à 67 ans d’ici à 2022. Mais, parallèlement, le gouvernement a aussi souhaité jouer sur la durée de cotisation, qui passe de 40 ans à 41 ans et demi, soit 166 trimestres pour les assurés nés après 1955. Dans le cadre des plans d’austérité, le gouvernement Fillon a même révisé sa copie et accéléré le calendrier. Le recul de l’âge de départ à 62 ans doit dorénavant intervenir en 2017 au lieu de 2018.

 

Approuvée par le Conseil d’orientation des retraites, dont les prévisions n’ont cessé de se détériorer au fil du quinquennat, la réforme n’a pas recueilli l’adhésion populaire. Les huit journées de mobilisation de l’automne 2010 ont connu une affluence sans précédent pour contester une réforme jugée socialement injuste par ses opposants. Les décrets « pénibilité », que le gouvernement a publiés à partir de mars 2011, n’ont pas pleinement satisfait les syndicats non plus. En décembre, un sondage réalisé par Ipsos pour Liaisons sociales indiquait que 64 % des personnes interrogées sont pessimistes quant à leur future pension. Enfin, suite logique de la « grande réforme » voulue par le chef de l’État, les partenaires sociaux sont parvenus à un accord sur la réforme des régimes complémentaires (Agirc-Arrco) le 18 mars 2011. Signé par la CFDT, la CFTC et FO, ce texte soumet la liquidation des retraites complémentaires aux mêmes conditions que les retraites de base. Pour sauver un système financièrement à bout de souffle. En attendant une réforme globale, après 2012 ?

 

 

 

 

 

03 01 12 - François Bellanger : « Les retraités n’ont pas à s’inquiéter de la TVA sociale »

La croix

 

Pour le président de la Confédération française des retraites, la mise en œuvre d’un tel dispositif ne devrait pas avoir pour conséquence l’augmentation immédiate et corrélative des prix.

 

"La Croix" : Quelle est la position de la Confédération française des retraités sur la TVA sociale ?

 

François Bellanger : Nous sommes plutôt favorables à la TVA sociale. Ce n’est pas une recette miracle mais on aurait tort de s’en priver. Il faut être ouvert. Aujourd’hui, il est injuste de ne financer la protection sociale qu’avec les cotisations des salariés.

 

La TVA sociale peut contribuer à améliorer le financement de la protection sociale de manière plus pérenne, ainsi que la compétitivité des entreprises françaises, l’emploi et l’activité économique. Mais elle ne réglera pas tous les problèmes, il faut donc faire preuve de mesure et de prudence.

 

Les retraités doivent-ils s’inquiéter de cette mesure ?

 

L’augmentation de la TVA n’aura pas pour conséquence l’augmentation immédiate et corrélative des prix. Le Danemark et l’Allemagne ont déjà procédé à des majorations de 3 points de leur TVA sans créer d’inflation. Les retraités n’ont pas à s’inquiéter de la TVA sociale, car s’il y avait néanmoins une augmentation des prix, ils seront protégés.

 

En effet, le montant des retraites est indexé sur les prix. Les retraités ont tout intérêt à ce que de nouvelles solutions de financement de la protection sociale soient trouvées. Cela permettra de favoriser le niveau de l’activité économique et d’assurer le bon financement de la retraite et de la santé.

 

Quelles autres solutions proposez-vous pour mieux financer le système de protection sociale ?

 

Il faut chercher des recettes diversifiées. Il n’est pas raisonnable de vouloir systématiquement financer le système de protection sociale par la masse salariale. Dans la même lignée que la TVA, il faut diminuer la masse des cotisations qui pèsent sur les salaires pour la faire porter sur une assiette plus large, par exemple sur l’ensemble des revenus. Aujourd’hui, l’impôt sur le revenu est inefficace à cause des trop nombreuses niches fiscales qui permettent d’y échapper.

 

Mais la CSG est un outil efficace qui me paraît une bonne candidate pour remplacer les cotisations sociales. Celle-ci a l’avantage de reposer sur l’ensemble des revenus et peut ainsi alléger la charge sur les salaires et améliorer la compétitivité des entreprises. La TVA sociale et la CSG peuvent être des solutions complémentaires pour assurer un bon financement de la protection sociale.

 

RECUEILLI PAR DELPHINE DAUVERGNE