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Revue de Presse de la semaine : 03

 

 

Sommaire

 

17 01 12 - Coût de la santé : les Français sont inquiets

20 01 12 - Le Front de Gauche et les retraites : Mélenchon est pour les 40 ans de cotisation !

20 01 12 - Route : les seniors dans le viseur

 

 

 

 

17 01 12 - Coût de la santé : les Français sont inquiets

Par S.C.  Elle

 Médicaments non remboursés, augmentation du prix des consultations et des mutuelles… Selon une étude réalisée par Ipsos pour la société de conseil et d'audit Deloitte révélée ce mardi, les Français sont inquiets du renchérissement du coût de la santé, au point qu’ils seront très attentifs aux propositions des candidats à l’élection présidentielle sur cette question.

 

Alors que cette étude a été menée dans 11 pays d’Europe, en Amérique du Nord et en Chine, elle souligne que les Français sont parmi les plus sensibles à l'augmentation des frais de santé. Ainsi, la moitié des ménages interrogés affirment avoir vu leurs dépenses de santé augmenter en 2011 par rapport à 2010. Ils sont par ailleurs 4 sur 10 à estimer que cette augmentation a été supérieure à 10%.

 

Cette progression du coût de la santé ne devrait pas être sans conséquence pour les ménages. Si cette situation devait s'aggraver, un foyer sur quatre en moyenne « pense ne pas être prêt à assumer les frais de santé à venir », indique cette étude Ipsos. En ce qui concerne la complémentaire santé, 57% des Français interrogées déclarent « avoir atteint ou dépassé leur limite budgétaire ». Seuls 42% d’entre eux se disent prêts à payer « un peu plus ».

 

Le coût de la santé, enjeu de la présidentielle

 

Cette étude pointe également le fait que le coût de la santé devrait être un enjeu important de la prochaine élection présidentielle. En effet, l’enquête souligne que la grande majorité des Français interrogés accorderont une importance « forte » ou « très forte » à la réduction des frais de santé dans leur soutien à un candidat (67%). Par ailleurs, ils seront 85% à tenir compte des propositions électorales d'amélioration du rapport qualité/coût des services de santé, 51% y accordant une importance « très forte » et 34% « forte ».

 

 

 

20 01 12 - Le Front de Gauche et les retraites : Mélenchon est pour les 40 ans de cotisation !

 

20 Janvier 2012 Par Antoine (Montpellier) Mediapart

 

Nombreux ont été les militants du PCF ou du PG à avoir participé au grand mouvement pour la défense des retraites en 2010. Au coude à coude avec les membres du NPA et d'autres organisations anticapitalistes, avec les syndicalistes et les sans partis ni syndicats, ils ont été de toutes les manifestations, parfois des coordinations qui se battaient pour l'extension du mouvement. J'ai en particulier le souvenir de ces pancartes et banderoles syndicales, tenues parfois par ces mêmes militants, qui revendiquaient les 37,5/60/75 [37,5 années cotisées/ retraite à 60 ans/avec 75% du salaire], le vieux triptyque du mouvement social que la CFDT avait abandonné depuis longtemps et la CGT plus récemment pour ce qui est des 37,5.

 

Il reste de ce mouvement qui a échoué des images où la radicalité revendicative pouvait être incarnée par Olivier Besancenot ou Jean-Luc Mélenchon, même si on avait vite compris que celui-ci restait dans la roue des directions syndicales qui pourtant épuisaient le mouvement à coup de manifs rituellement répétées en discontinu sans jamais poser que cette réforme des retraites devait être purement et simplement retirée. Je passerai sur la précipitation avec laquelle Jean-Luc Mélenchon avait essayé, avec l'appui de la revue Politis, de faire rentrer le mouvement dans le moule institutionnel d'un référendum sur les retraites par ailleurs totalement irréalisable dans l'état des textes législatifs en vigueur à ce moment-là ! Ce que je veux souligner ici c'est que beaucoup de militants du Front de Gauche peuvent avoir l'impression d'avoir été alors à l'unisson de leur dirigeant, bientôt candidat à la candidature pour la présidentielle, quand ils disaient et affichaient leur fidélité au dit triptyque des 37,5/60/75.

 

Mais voilà, à cette présidentielle, dans Le programme du Front de Gauche (et de son candidat commun) Jean-Luc Mélenchon (sous-titré L'humain d'abord), il s'est produit un rétrecissement revendicatif : le triptyque de 2010 est devenu un diptyque! Exit les 37,5 ! Nous lisons p15 : "Nous rétablirons le droit à la retraite à 60 ans [cest moi qui surligne] à taux plein (75% du salaire de référence) pour toutes et tous [...] Aucun salarié ne touchera une retraite inférieure au Smic". On s'interroge pour savoir quand et par quelle procédure, suite à quel débat, s'est produit cet abandon d'autant plus étonnant que la droite a longtemps envisagé de mettre sur orbite sa contre-réforme précisément en ciblant la question des annuités sans toucher par exemple aux 60 ans. Nous avons eu ainsi droit à l'imposition fillonesque des 40 puis des 41 annuités (avec quand même, en bout de course, l'attaque sur les 60 ans !). Cette stratégie de la droite un temps ciblée sur les annuités est bien le signe que l'on ne peut pas impunément s'affranchir de poser la question de la durée de cotisation en s'en tenant aux seules revendications 60/75.

 

Et pourtant le programme du Front de Gauche procède bien à ce qui s'apparente à une "forclusion" des 37,5, laquelle forclusion, si nous filons, certes bien superficiellement, la métaphore psychanalytique, produit une situation des plus "délirantes" ! D'autant plus délirante que, par la bande, Jean-Luc Mélenchon, habituellement peu disert sur le sujet, se lâche parfois, comme lors de ce débat du 6 décembre...2010 (!) avec le social-libéral Michel Sapin et quelques autres, pour nous servir un plat inattendu d'infraradicalité ! Les caméras étaient là puisqu'il s'agissait d'un débat télévisé mais la saillie rétropédalante sur la durée de cotisation a pu passer inaperçue tellement la radicalité bouillonnante du bonhomme a tendance à crever l'écran au sens qu'elle vous empêche de voir-comprendre-entendre certains détails, et non des moindres ! Aussi vaut-il la peine de voir la vidéo placée en tête de texte ou en cliquant ici : L’invité de Mots Croisés Visionner à partir de 54:35. On peut voir ici aussi : Jean-Luc Mélenchon à "Mots Croisés" le 06/12/2010

 

Oui, vous avez bien entendu : comme en passant, sans avoir l'air d'y toucher, comme si c'était des plus naturels, mais en donnant le change par houspillage du social-libéral de service, Mélenchon nous dit qu'il faut cotiser 40 ans !

 

Alors, soyons précis, il ne convient plus en fait de parler de rétrécissement par le Front de Gauche du triptyque de référence sur les retraites mais de sa substitution par un nouveau triptyque : 40/60/75. On remarquera cependant l'art de l'ellipse qui réserve à un aléatoire plateau télévisé et quelques rares déclarations dans la presse écrite cette mutation "frontdegauchère"de la vieille revendication sociale et qui dispense le programme officiel, largement diffusé, du candidat Mélenchon d'assumer fièrement ce qui, on le suppose, doit pourtant être une décision mûrement réfléchie. On se prend qiand même à pointer qu'il y a là une faille dans la transparence si souvent mise au coeur de la revendication d'une "révolution citoyenne" restituant le pouvoir au peuple ! Je trouve même, pour tout dire, que tout cela relève, indépendamment d'une analyse de la portée du changement, d'un escamotage pur et simple, en contrebande, d'un des marqueurs décisifs de la défense historique du salariat face au capital ! Jean-Luc Mélenchon et les autres dirigeant-e-s du Front de Gauche, on ne joue pas avec désinvolture avec une revendication aussi essentielle pour le "salaire continué" que la durée de cotisation ! On peut certes actualiser des revendications mais en posant clairement en quoi cette actualisation, pour le coup une augmentation des annuités, est bénéfique pour ceux que l'on prétend, à grands cris, défendre ! Où est cette démonstration "radicale" que passer de 37,5 annuités à 40 est à l'avantage du peuple ? Où est la démonstration, ratée par certains thuriféraires du FdG interrogés sur le problème, que 40 annuités "ça n'aggraverait rien" puique l'on conserve les 60/75 avec en prime le garde-fou qu'aucune retraite ne passerait en dessous du Smic !

 

A ce stade de l'interpellation il est utile de rappeler ce qu'un...socialiste, certes membre de l'aile gauche du PS et quelque peu emberlificoté dans les jeux internes de son social-libéral parti, écrit en spécialiste reconnu des retraites. Mais un spécialiste reconnu militant clairement pour les droits des travailleurs. Gérard Filoche, puisqu'il s'agit de lui, a récemment fait une piqûre de rappel des plus utiles sur les retraites. (1) Et il n'hésite pas à poser l'incroyable, par comparaison avec l'ellipse contrebandière de Jean-Luc Mélenchon, point n° 36 de ses 50 arguments pour le droit à la retraite à 60 ans sans décote ! : "Il ne faut vivre pas moins bien que nos parents : retraites à 60 ans, 35 annuités, à 75 % du salaire calculé sur 10 meilleures années, indexées sur les salaires (ce que proposait encore Lionel Jospin en juin 1997)". Disons-le, face à ce positionnement d'un socialiste "atypique", n'hésitant pas à procéder à une actualisation dans le bon sens, celui des 35 annuités, le programme à non-dit du Front de Gauche fait pâle figure et le choix des 40 annuités par Mélenchon apparaît comme une aberration si tant est que la défense et l'extension des droits des salariés reste sa priorité ! On soulignera surtout la justesse/justice sociale de ce qui fonde la proposition de Gérard Filoche à l'évocation de son idée de ce qui doit guider la détermination de la durée de cotisation retraite : [à propos des annuités :] Le gouvernement parle de monter à 41 ans, alors que, dans la vie réelle, la durée moyenne des annuités a baissé à 36,5 ans. Moi, je suis pour retenir la moyenne réelle de la durée du travail en France. Quand on dit aux gens de faire 41 ans, c’est une escroquerie : ils n’y arrivent pas. Le seul résultat des 40 ans, aujourd’hui, c’est que les retraites baissent. Un tiers des gens continue à travailler après 60 ans." (2) "En pratique, dans la vie réelle, licenciements et chômage des « seniors » font que la durée de cotisation baisse au lieu d’augmenter ! La moyenne des annuités cotisées a baissé vers 36 annuités. Cela fait un « gap » de 5,5 ans de décote négative. Cela se traduit par un véritable pillage des retraites pour des millions de salariés qui voudraient partir à…62 ans ! C’est purement de l’escroquerie de demander aux salariés de travailler 41,5 annuités alors qu’on sait qu’ils ne peuvent pas : qu’ils sont en moyenne de facto limités à 36 annuités !

 

Il y a une autre solution, juste : indexez donc le nombre d’annuités cotisées exigées sur la moyenne des annuités réellement effectuées par les salariés dans la vie réelle ! Si vous parvenez à baisser le chômage dans la vie réelle, à éviter le licenciement des seniors vers 55 ans, si vous augmentez la moyenne réelle des cotisations, de 36 vers 37, vers 38 ou 39 ou 40 annuités, faites des décrets en conséquence ! Mais ne fixez pas des objectifs inatteignables pour l’immense majorité des salariés, sachant cyniquement que le seul résultat ne sera pas de les faire travailler plus mais de les faire gagner moins." (3)

 

La leçon de bonne politique anticapitaliste administrée ici gagnerait à être méditée du côté du Front de Gauche. Elle est d'autant plus cuisante et paradoxale qu'elle vient du PS depuis une position contradictoire avec celui-ci. Mais ce mystère, à première vue déroutant, ne met que plus en relief la carence des partisans d'une révolution, certes, par les urnes, sur une question extrêmement sensible dans le peuple de gauche!

 

Pour conclure : je ne peux m'empêcher de voir dans ce virage elliptico-contrebandier du Front de Gauche sur la durée de cotisation qu'une explication. Rester, comme par exemple le syndicat Solidaires, attaché aux 37,5/60/75 en un tout indissociable, qui plus est en procédant à la bonification anticapitaliste de 35 annuités proposées par Filoche, ce serait pour le Front de Gauche faire une croix sur une éventuelle alliance avec le PS. Il est en effet impensable que la social-libéralisation avancée du PS le fasse revenir sur l'allongement, y compris à 41 annuités, des cotisations. Je ne peux m'empêcher donc de voir dans cette "modération" du Front de Gauche un nouveau signe, bien masqué pour les besoins d'une campagne électorale-électoraliste tonitruante où il faut absolument se faire sa place, au premier tour, contre le PS, que le Front de Gauche travaille à capter la radicalité rentrée des salariés frustrés de l'échec de 2010 pour se faire éventuellement (rien n'est sûr encore) sa place ...aux côtés dudit PS après les élections ! Au moins pour ce qui est de sa principale composante, le PCF qui "travaille" déjà (avec quelques autres antilibéraux) dans les collectivités territoriales en un front uni bien peu radical avec les socialistes. Au détour de ce "détail" des 37,5 ou 35 ou 40, se profile une lourde donnée de la lutte des classes (les retraites) et une grande mystification politique (un remake de l'union des gauches) dont, comme de bien entendu, la déconstruction vaudra à son auteur l'accusation archiclassique de faire le jeu de l'ennemi alors que, de toute évidence, être pour les 40 annuités revient à s'aligner sur une mesure phare de la droite, vite entérinée par le PS, dépassée, cap sur les 41 (41,5 !), par la droite, avant que le PS ne la rattrape à son tour! Perversion des mots, perversion de la politique, la gauche a pourtant beaucoup donné sur ce terrain (ah! le Mitterrand cher à Mélenchon!), la droite en a toujours profité et, désormais, l'extrême droite est en embuscade ! Le Front de Gauche ne promettait-il pas de faire de la politique autrement ?

 

(1) 50 arguments pour le droit à la retraite à 60 ans sans décote !

 

(2) Gérard Filoche, trublion du PS sur le dossier des retraites

 

(3) Décret scélérat et mensonger pour 41,5 annuités de cotisations retraite alors que les salariés en font 36 en réel en moyenne

 

 

 

20 01 12 - Route : les seniors dans le viseur

 

Par Europe1.fr avec Walid Berrissoul, Nathalie Chevance et Matthieu Bock

 

ENQUETE- L’Assemblée envisage un contrôle médical pour les personnes âgées.

 

Les personnes âgées doivent-elles moins utiliser leur voiture ? Les accidents de la route impliquant des retraités au volant se multiplient en France. Lundi dernier, un Nantais est condamné à cinq ans d'interdiction de conduire. Il avait percuté à contresens une voiture après 40 heures de conduite. Il avait 73 ans.

 

Autre exemple : sur une autoroute dans le Var, un conducteur se rend compte au péage qu'il n'a pas d'argent, fait marche arrière puis demi tour et roule 10 kilomètres en sens inverse. Il avait 84 ans. Ces affaires relancent le débat sur un contrôle médical au-delà de 70 ou 75 ans.

 

Les personnes âgées ont-elles consciences du danger ?

 

Il y a quelques mois, Paulette, une octogénaire est arrêtée au volant alors qu'on lui avait retiré son permis il y a 5 ans. Cette femme était conductrice de taxi. Elle ne s’est pas rendue compte du danger qu’elle pourrait occasionner : "quand on sait conduire au bout de cinquante ans, on n’a pas besoin de leçons. Je me suis dit allez, tout le monde me connaît."

 

"Je n’ai pas pensé aux accidents" :

 

Selon les statistiques de la prévention routière, les plus mauvais conducteurs sont les 18-24 ans mais les plus de 75 ans arrivent en deuxième position. Près de 20.000 d’entre eux font un stage de remise à niveau chaque année. Mais la plupart n’ont pas conscience que leurs réflexes ne sont plus les mêmes au volant et ce malgré les avertissements des enfants et des petits-enfants.

 

C’est le cas d’Evelyne qui s'est fâchée avec son père de 88 ans le jour où elle a voulu prendre le volant à sa place. "Il m’a dit ce n’est pas toi qui va gérer ma vie. Il a résisté jusqu’au dernier moment et moi j’avais dit que je prenais un taxi. J’ai peur à côté d’une personne de 88 ans qui conduit. Je pense qu’il n’a pas les mêmes réflexes qu’à 35 ou 50 ans", témoigne Evelyne. Pour les personnes âgées, la voiture symbolise la liberté et surtout un outil de tous les jours pour rester autonome.

 

Qui plaide pour un contrôle des personnes âgées ?

 

Il s’agit principalement des assureurs. Ils poussent les personnes âgées à faire des stages. Mais plusieurs d’entre eux ont constaté qu’il y avait des abus de la part de leur compagnie d’assurance.

 

A 77 ans, Marie-Pierre conduit tous les jours et possède un bonus au maximum depuis presque cinquante ans. Et pourtant début janvier, elle a reçu une lettre de son assurance lui demandant d’arrêter de conduire. "On m’a dit que je suis trop âgée et qu’à 77 ans, je ne faisais plus partie de l’assurance. Ca a été un choc, la dégringolade. On n’est plus bon à rien."

 

"De senior, je suis passée à vétéran d'emblée" :

 

Le cas de cette personne n’est pas isolé. La Halde, la haute autorité de lutte contre les discriminations, confirme qu'elle a été saisie de plusieurs plaintes car la loi interdit d’invoquer l’âge comme un motif de rupture de contrat.

 

Que font les pouvoirs publics ?

 

L’idée de limiter le permis de conduire pour les personnes âgées est revenue plusieurs fois au menu des discussions du comité interministériel de sécurité routière. Les pouvoirs publics ont évoqué des contrôles médicaux ou une interdiction de conduire la nuit sauf qu'à chaque fois, ils n’ont pas légiféré. "Aucun n’ont abouti. Clairement, c’est un sujet tabou à une veille d’élections. Ce n’est surtout pas le moment de s’attirer la colère de bons électeurs", explique Pascal Pennec, journaliste à Auto-plus.

 

L'année prochaine, le permis européen arrive en France. Une carte à puce renouvelable tous les 15 ans sera éditée pour les conducteurs. Selon les informations d’Europe 1, l’Assemblée n'exclut pas d'en profiter pour introduire une forme de contrôle médical. L'idée vient du député socialiste du bas-Rhin, Armand Jung : "ceux qui ont des problèmes de vue, on pourra demander un contrôle de médecins et une ordonnance. Mais ce phénomène peut arriver à quarante ans". Les contrôles pourraient donc être élargis à partir de 2013