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Revue de presse semaine 02 Imprimer Envoyer

Revue de Presse de la semaine : 02

  

Sommaire

 03 01 12 - Déserts médicaux : les médecins libéraux ripostent

11 01 12 - Placer le service public de santé au cœur du débat présidentiel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

03 01 12 - Déserts médicaux : les médecins libéraux ripostent

 

 Par Olivier Auguste - LE FIGARO

 

Les hôpitaux et certains députés veulent remettre en cause la liberté d'installation.

 

 La riposte n'a pas tardé. Après les propositions de la Fédération hospitalière de France (FHF), qui suggère que les hôpitaux publics organisent eux-mêmes les soins de premiers recours en cas de «carence» des médecins de ville, le premier syndicat de médecins libéraux contre-attaque. «L'application à la médecine de ville de la rigidité du fonctionnement hospitalier serait une catastrophe pour les soins de proximité, met en garde la CSMF. «S'il n'y a pas de files d'attente dans notre pays, c'est grâce aux médecins libéraux qui ont un fonctionnement plus fluide et surtout qui travaillent plus de 10 heures par jour tandis que l'hôpital croule sous les RTT».

 

 

 

Pour le Dr Chassang, président du syndicat, la FHF est offensive car elle «sent le plancher se dérober sous ses pieds»: la recherche d'économies tout autant que la demande des patients, aboutissent à réduire la durée des séjours hospitaliers et à multiplier les actes en ambulatoire.

 

 

 

Mais des députés aussi veulent réguler la médecine de ville, avec proposition de loi «anti-déserts médicaux» radicale, qui sera débattue à la fin du mois: obligation d'exercer au moins trois ans dans une zone «sous-dense» au début de toute carrière de médecin libéral, autorisation de l'Agence régionale de santé avant toute création d'un cabinet de ville pour les médecins, dentistes, infirmiers, kinés et sages-femmes…

 

 

 

Des mesures dissuasives

 

«Ânerie, absurdité!», tempête Michel Chassang, cette fois au nom du CNPS, qui représente toutes ces professions de santé libérales. Le texte a été rédigé par quelqu'un «qui ne connaît rien à notre quotidien», accuse-t-il, bien que son auteur, Philippe Vigier (Nouveau Centre), soit… pharmacien biologiste.

 

 

 

Il est vrai que les «carabins» terminent leurs études vers 30 ans, souvent avec des enfants et en couple avec une personne ayant un emploi de son côté. Ce qui rend difficilement applicable une obligation d'aller exercer en zone rurale ou en banlieue plusieurs années. Le CNPS craint que ces mesures dissuadent davantage les jeunes de se tourner vers l'exercice libéral, alors que la plupart - majoritairement des femmes - choisissent déjà le salariat, notamment pour bénéficier des RTT ou d'un temps partiel.

 

 

 

Michel Chassang reste donc «opposé à toute coercition», même si les incitations à s'installer dans les déserts médicaux se sont avérées peu efficaces jusqu'ici. Il doit néanmoins reconnaître des «nuances» sur ce point entre professions de santé. Kinés, infirmiers et sages-femmes ont en effet accepté la voie intermédiaire proposée par l'Assurance-maladie: dans les zones denses, les nouvelles installations ne peuvent se faire qu'en remplacement d'un départ. En échange, ils ont obtenu des hausses de tarifs et des aides à l'installation en zones déficitaires

 

 

 

 

 

 

11 01 12 - Placer le service public de santé au cœur du débat présidentiel

 

Point de vue | LEMONDE.FR

 

par Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France, maire de Fontainebleau

 

 

 

 

 

Pour chacun, la santé est notre bien le plus précieux. Et si le système français de soins demeure un modèle dans le monde, sa préservation et sa modernisation doivent être une priorité absolue, surtout dans une telle période de crise. Il s'agit d'un enjeu essentiel et central pour notre pacte républicain et donc du prochain débat présidentiel.

 

Dans une République qui doit assurer la solidarité entre tous, chaque français doit être garanti d'un égal accès aux soins. Dans un contexte de crise inédite des finances publiques, chacun doit être tout autant conscient que notre système de santé doit faire l'objet, pour survivre, de profondes mutations.

 

  

 

Notre système de santé tisse des liens entre malades et bien portants et garantit à nos concitoyens cohésion, progrès et sécurité. Il est également au cœur de la compétitivité de la France, en raison de son importance dans notre économie, des emplois qu'il génère mais aussi des innovations scientifiques et technologiques dont il est à l'origine.

 

 

 

Personne ne peut sérieusement contester cette réalité et pourtant, nombreux sont ceux qui, à longueur d'ouvrages ou d'articles, se plaisent à le décrire comme un système en crise perpétuelle, condamné à un inexorable déclin et à abandonner ce qui fait sa force : son excellence, son universalité et son accessibilité.

 

 

 

Au quotidien, notre système de santé, et tout particulièrement le service public hospitalier et médico-social, fonctionne avec efficacité. Grâce à la qualité des femmes et des hommes qui le font vivre, il accueille tous ceux qui ont besoin de prises en charge et met à leur service les techniques les plus modernes, sans discrimination d'aucune sorte. Aux côtés des français dans leurs joies, leurs peines, leurs souffrances et leurs espoirs, il n'a pas cessé de se moderniser, de se développer, de s'adapter aux nouvelles exigences de la médecine et aux attentes des patients.

 

 

 

Certes, les difficultés existent et ne doivent pas être niées. Elles tiennent aux inégalités d'accès, tant géographiques que financières, à la soutenabilité financière de notre modèle mais aussi à l'amélioration de son efficience.

 

 

 

Paradoxalement, la grave crise qui frappe l'Europe et la France peut être une opportunité pour nos organisations de santé, car elle nous incite à en exploiter les marges d'efficience. Ces marges existent, pour autant que les choix qui s'imposent soient décidés et anticipent les mouvements à l'œuvre.

 

 

 

Les enjeux sont connus. Ils tiennent aux évolutions de la médecine, qui bouleversent les organisations ; au vieillissement de la population et au besoin de prises en charge transversales ; au renforcement des liens entre médecine de ville et équipes hospitalières ; aux évolutions technologiques ; aux parcours professionnels, qui doivent être réinventés afin d'attirer les meilleurs talents vers les carrières sanitaires et médico- sociales ; au besoin de systèmes d'informations partagés. Les enjeux tiennent enfin au financement du système, qui doit évoluer afin d'accompagner ces mutations et garantir des prises en charge qualité.

 

 

 

Face à ces défis, les réponses à apporter aux Français doivent permettre de réduire les inégalités de santé et renforcer l'accès aux soins. Elles doivent concerner également l'amélioration de la pertinence des actes, enjeu majeur de santé publique, tant les pratiques de soins diffèrent entre les structures et entre les territoires. Un seul exemple : le taux de césariennes qui varie de 1 à 4 entre des hôpitaux publics et des cliniques privées. Pour garantir à tous le droit à la santé, il faudra bannir les actes inutiles et redondants. Le bon soin doit être le juste soin.

 

 

 

Le débat démocratique est indispensable pour définir des orientations claires et structurantes. Les candidats à la présidentielle doivent proposer aux français des réformes permettant de conserver ce qui fait la force de notre système de santé tout en le réinventant et en posant les bases de la croissance de demain.

 

 

 

Nos concitoyens placent chaque année le service public de santé, incarné par les hôpitaux, en tête des institutions qu'ils préfèrent, celui auquel ils sont à la fois le plus attachés et le plus reconnaissants. En 2012, il y a fort à parier que cet attachement sera au cœur de leur choix dans les urnes